En mai 68, les manifestants s’étaient inspirés de Che Guevara, en brandissant le slogan « Soyons réalistes, exigeons l’impossible ! »
Aujourd’hui, le monde et ses évolutions, comme l’exercice du pouvoir, nous ont appris que l’enjeu majeur auquel sont confrontés ceux qui ambitionnent de changer l’ordre des choses et son lot d’injustices, est bien de sortir de la simple rhétorique pour y parvenir vraiment.
Parlant de ceux qui lui reprochaient de tourner le dos au marxisme, Jaurès disait « n’ayant pas la force d’agir, ils dissertent ».
Oui, il faut l’affirmer haut et fort : il n’y a pas de renoncement dans le choix de prendre à bras le corps la complexité du monde et de notre système économique pour tenter de le tordre dans une direction plus juste et plus solidaire.
Au contraire, il y a une forme d’impuissance dans le fait d’agiter d’éternels vieux chiffons rouges, qui se sont déjà heurtés 100 fois au mur des désillusions et le peuple de gauche avec eux.
En 2012, le vrai courage ce sera de trouver le chemin possible pour faire triompher nos valeurs dans le monde réel. De changer la France vraiment, pour plus de justice et de fraternité.
Depuis quelques jours, je sens ressurgir le débat artificiel et pathétique qui hante le Parti Socialiste depuis des lustres, puisqu’il existait déjà avant 1981.
Il y aurait dans le PS des « purs » et « durs » de la transformation sociale, et d’autres, moins exigeants, qui seraient les tenants d’un « laisser-faire ».
Ce débat relève de la fumisterie.
D’abord, il a déjà opposé dans l’histoire de notre pays la 1ère et la 2ème gauche, dont Martine Aubry était d’ailleurs une des plus ardentes incarnations.
Il a aussi montré du doigt les soi-disant tenants d’une « gauche gestionnaire », avec à leur tête Laurent Fabius, alors 1er Ministre ou plus récemment Ministre de l’Economie de Lionel Jospin.
Il est donc évident qu’il est surtout instrumentalisé pour servir les positionnements stratégiques de certains, ceux-là même qui risquent bien, une fois de plus, d’empêcher la gauche de remporter l’élection présidentielle, en opposant artificiellement les acteurs de notre famille politique commune, que ce soit dans le PS ou dans l’ensemble de la gauche.
Cette victoire à l’élection Présidentielle de 2012 est pourtant la clé de voute incontournable pour mettre fin à 10 ans de règne d’une droite qui massacre notre système républicain et met à genou les plus faibles, ceux que nous voulons défendre.
En ce qui me concerne, je soutiens François HOLLANDE parce qu’il propose un chemin où le possible et l’exigence de vérité sont à eux seuls une utopie que je veux voir se réaliser.
Je le soutiens parce que je sais qu’il peut rassembler autour de lui et de son projet une large majorité de français qui n’ont que faire des vieux chiffons rouges, mais qui attendent que leur vie change vraiment.
Christine PRIOTTO
